Un cimetière numérique ou une vie après la mort grâce à l’IA ? Deux Belges sur trois n’y sont pas favorables

Baromètre funéraire DELA : pour l’instant, chatbots et hologrammes ne jouent aucun rôle dans le processus de deuil

Une version IA de vous-même avec laquelle vos proches pourraient discuter après votre mort ? Ou une scène holographique dans laquelle le défunt viendrait lui-même faire ses adieux lors des funérailles ? Deux tiers des Belges (65 %) estiment que les nouvelles technologies n’ont pas leur place pour soulager la douleur liée à la perte d’un être cher, même si un fossé générationnel se dessine. Fait remarquable : un tiers (30 %) pense que la technologie rendra le deuil plus difficile plutôt que plus facile (8 %). C’est ce qui ressort du Baromètre funéraire bisannuel du spécialiste funéraire DELA. « De plus en plus de plateformes proposent la « grief tech » (ndlr : outils numériques qui accompagnent le deuil et gardent les souvenirs des défunts vivants), principalement à l’étranger pour l’instant. Afin de protéger les proches, un cadre juridique s’impose », confie DELA.

Aux États-Unis et en Asie, entre autres, il existe déjà des chatbots IA ou « griefbots » qui permettent aux proches de parler à une version numérique de leur proche décédé. En Corée du Sud, une mère a même été réunie avec sa fille décédée grâce à la réalité virtuelle. Et plusieurs villes expérimentent dans les cimetières avec des codes QR sur les pierres tombales qui, grâce à la réalité augmentée, font revivre des souvenirs, des vidéos et des messages. Mais bien que la technologie occupe une place de plus en plus centrale dans notre vie quotidienne, les Belges restent réticents à l’utiliser dans le contexte de la mort et du deuil.

Lien Verfaillie, experte du deuil de DELA : « Notre baromètre funéraire montre qu’aujourd’hui, les Belges hésitent encore à utiliser la technologie pour faciliter leur processus de deuil. Il est frappant de constater que même les applications déjà proches de notre vie quotidienne, telles que l’utilisation de l’IA pour rédiger des discours d’adieu pour des funérailles, suscitent la controverse : plus d’un tiers (34 %) des Belges trouvent cette approche inappropriée, contre un sur cinq (22 %) qui la trouve acceptable. »

AI-chatbot

Un Belge sur cinq (20 %) est favorable, pour lui-même, à un espace numérique sur les réseaux sociaux où les condoléances et les souvenirs sont partagés et conservés en ligne après le décès. Chez les 18 à 34 ans, cette proportion atteint même un tiers des répondants (30 %). Cependant, ramener artificiellement à la vie des êtres chers disparus grâce à la technologie est un sujet beaucoup plus sensible. Deux tiers des personnes interrogées trouvent inapproprié qu’un défunt fasse ses adieux lors d’un enterrement par le biais d’un hologramme et à peine un dixième serait d’accord de s’adresser à ses proches sous forme d’hologramme après sa mort.

Et seuls 7 % des Belges sont favorables à un chatbot IA qui regroupe leurs messages, textes et réseaux sociaux pour créer un interlocuteur virtuel pour leurs proches lorsqu’ils ne seront plus là. Les jeunes générations sont toutefois un peu plus ouvertes à cette idée que les plus âgées : les Belges âgés de 18 à 34 ans y sont plus favorables (12 %) que ceux âgés de 35 à 54 ans (7 %) et seulement 2 % des 55-75 ans. La même tendance s’observe pour les hologrammes et autres applications IA.

Lien Verfaillie, experte du deuil de DELA : « La technologie peut certainement créer des liens, par exemple, lorsque les proches ne peuvent pas être physiquement présents. Ainsi, les diffusions en direct – les « livestreams » – des funérailles entrent toujours plus dans les mœurs depuis la pandémie. Mais dès que la technologie commence à imiter le défunt, par exemple, via la reconstruction vocale ou un chatbot, nous touchons une corde particulièrement sensible. S’il est vrai que l’IA peut apporter du réconfort à certaines personnes, il n’en reste pas moins que l’accompagnement du deuil reste une tâche humaine. »

Impact sur le processus de deuil

L’impact sur le processus de deuil divise également les Belges. 30% pensent que les nouvelles technologies rendront le deuil plus difficile, tandis que seulement 8 % s’attendent à ce qu’elles apportent un réconfort pendant leur processus de deuil. La majorité (62 %) des Belges adoptent une attitude plutôt attentiste. Cette réticence est compréhensible. Certaines applications d’IA, telles que la reconstruction vocale ou les « griefbots » qui imitent la personnalité du défunt, créent l’illusion que la personne est toujours présente.

Lien Verfaillie, experte du deuil de DELA : « Les applications d’IA peuvent aider les proches à rassembler et à conserver les souvenirs. Mais, en tant que société, nous devons réfléchir collectivement aux limites éthiques. Une voix capable de prononcer de nouvelles phrases ou un chatbot qui réagit comme si quelqu’un était encore en vie peut sembler réconfortant à première vue, mais risque d’entraîner une dépendance ou de retarder la confrontation avec la perte d’un être cher. L’IA ne remplacera jamais la proximité personnelle ou l’aide professionnelle. Mais il est clair que la « grief tech » est en plein essor et qu’à l’avenir, elle influencera de plus en plus la manière dont nous pleurons l’absence d'un proche. C’est la raison pour laquelle nous pensons qu’il est essentiel de réfléchir dans notre pays à des directives claires, en accordant une attention particulière aux personnes en deuil vulnérables et au consentement préalable des défunts. »

 

À propos du Baromètre funéraire de DELA

Plus de 2 200 Belges, tous âgés de plus de 18 ans, ont été interrogés dans le cadre de cette enquête. Le sondage a été réalisé en ligne sur la base des panels Bpact et Dynata entre le 15 et le 30 septembre 2025. Les données ont été pondérées afin d’être représentatives de la population belge en termes d’âge, de sexe, de région et de niveau d’éducation. Le facteur de pondération maximal a été plafonné à 2,50 (n = 178), 85 % de l'échantillon ayant un facteur de pondération < 2,0. L’étude a été conçue et réalisée par le bureau d’études indépendant Indiville pour le compte du spécialiste des pompes funèbres DELA, afin de mieux appréhender la manière dont les Belges gèrent le deuil et la perte d’un être cher.

 

Lisa Kaspers

Senior PR consultant, Comm2You

 

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