De .meow à .chatgpt : plus de 1 600 nouvelles extensions Internet en lice pour la première fois depuis 14 ans

De .meow et .swift à .chatgpt et .agent : pour la première fois depuis 2012, les organisations peuvent à nouveau demander leur propre extension Internet et donc le départ d’une adresse web. À l’échelle mondiale, 1615 candidatures vont être soumises à une procédure d’évaluation. Parmi celles-ci, trois candidatures proviennent de Belgique. Selon DNS Belgium, gestionnaire du .be, cette liste est aussi un bon indicateur des tendances actuelles et des domaines dans lesquels les organisations investissent pour l’avenir. L’organisation met toutefois en garde : « Les nouvelles extensions rendent Internet plus diversifié, mais aussi plus fragmenté. À l’heure où la cybercriminalité ne cesse de progresser, il devient de plus en plus important que les internautes puissent rapidement reconnaître les sites web dignes de confiance. »
Aujourd’hui, quelques minutes suffisent pour enregistrer son propre nom de domaine. Créer une toute nouvelle extension Internet, c’est-à-dire la partie située après le dernier point d’une adresse web, est en revanche une tout autre affaire. Une telle possibilité ne se présente que très rarement. La précédente période de dépôt des candidatures organisée par l’ICANN, l’organisation internationale chargée de coordonner le système des noms de domaine, remonte à 2012.
Quatorze ans plus tard, les organisations souhaitant gérer une nouvelle partie de l’espace Internet peuvent à nouveau se porter candidates. Mercredi soir, l’ICANN a dévoilé 1 615 candidatures, dont 506 provenant d’Europe. Les seuls frais standard d’évaluation d’une candidature dépassent les 200 000 euros. Mais ces demandes ne signifient toutefois pas que chacune des 1615 nouvelle extensions verra effectivement le jour. Les candidats doivent encore passer une série de contrôles techniques, financiers et organisationnels. Plusieurs acteurs ont par ailleurs demandé la même extension.
Philip Du Bois, directeur général de DNS Belgium : « Le fait qu’après quatorze ans, autant d’organisations manifestent à nouveau leur intérêt et soient prêtes à y consacrer des sommes considérables montre qu’une extension Internet reconnaissable conserve une réelle valeur. Pour l’internaute, il ne s’agit peut-être que de quelques lettres après un point, mais celles-ci contribuent à la manière dont nous identifions un site web et lui accordons notre confiance. »
De .meow à .agent : des marques connues et des mots surprenants
La Belgique figure également sur la liste, avec trois candidatures : .meow, .swift et .argenx. Swift, la coopérative internationale dont le siège se trouve en Belgique et qui assure la messagerie sécurisée entre les banques et les institutions financières, ainsi qu’argenx, l’entreprise de biotechnologie d’origine gantoise, souhaitent disposer d’une extension correspondant à leur propre marque. Une telle extension de marque n’est donc pas nécessairement destinée à être accessible au grand public.
Le projet .meow adopte une approche différente. L’organisation belge à but non lucratif à l’origine de cette candidature souhaite en faire une extension Internet internationale, avec une attention particulière portée à la communauté queer. Le projet avait récolté les premiers 120.000 euros grâce au financement participatif afin de rendre cette candidature possible.
À l’échelle internationale, la liste comprend des noms bien connus comme .chatgpt, .openai, .facebook et .instagram, mais aussi des mots plus inattendus tels que .anime, .geek, .haha et .fart. L’intelligence artificielle se distingue tout particulièrement : dix candidats sont en lice pour .agent et sept pour .agi (abréviation d’Artificial General Intelligence, ou intelligence artificielle générale).
Philip Du Bois : « Cette liste constitue également un indicateur intéressant des tendances actuelles et des domaines sur lesquels les organisations misent pour l’avenir. La concurrence autour de noms comme .agent et .agi en est un bel exemple. Au final, un seul acteur pourra gérer chacune de ces extensions. Pour les internautes, cela signifie surtout qu’aux côtés des adresses familières en .be ou en .com, nous verrons apparaître davantage de marques, de communautés et de mots courants après le point. Plus le choix s’élargit, plus il devient essentiel de sensibiliser les internautes à ce qui se cache derrière une extension et de leur apprendre à reconnaître les adresses fiables. »
Les nouvelles extensions ne seront pas disponibles immédiatement
La publication des candidatures ne constitue que le début du processus. L’ICANN doit encore vérifier si les candidats disposent des capacités techniques et financières nécessaires pour gérer une extension. Les éventuelles objections et les conflits entre candidats devront également être résolus au préalable.
DNS Belgium connaît bien cette procédure pour l’avoir déjà vécue. En 2012, l’organisation avait déposé les candidatures pour .vlaanderen et .brussels au nom des autorités flamandes et bruxelloises. Ces deux extensions furent ensuite lancées en 2014. Cette fois, DNS Belgium n’a pas demandé de nouvelle extension, mais suit cette nouvelle vague de candidatures de près en sa qualité de gestionnaire des extensions .be, .brussels et .vlaanderen. Les premières nouvelles extensions ne sont pas attendues avant la fin de l’année 2027, au plus tôt.
Philip Du Bois, directeur général de DNS Belgium : « Avec autant de nouvelles extensions, Internet devient plus diversifié, mais aussi plus fragmenté. À l’heure où la cybercriminalité ne cesse de progresser, il devient de plus en plus important que les internautes puissent rapidement reconnaître les sites web dignes de confiance. Aujourd’hui, 73 % des Belges déclarent faire confiance à un site web dont le nom de domaine se termine par .be, contre 49 % pour un site en .com. Les nouvelles extensions devront encore construire cette reconnaissance et cette confiance. Avoir un nom original après le point est une chose, faire en sorte que les internautes sachent immédiatement à qui ils ont affaire en est une autre. »
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Simon Laval
Pieterjan Van Leemputten
DNS Belgium
Qui dit « .be », dit DNS Belgium. Depuis 25 ans, cette organisation veille à ce que vous accédiez immédiatement au bon site web belge en appuyant sur une seule touche. En effet, dès que vous saisissez un nom de domaine, votre navigateur recherche l’adresse IP correspondante. Il s’agit, à peu de chose près, de l’annuaire téléphonique de l’internet. DNS Belgium le fait aujourd’hui pour plus d’un million et demi de noms de domaine .be et veille également à ce que tout se déroule en toute sécurité.