1 Belge sur 3 en situation de surpoids ou d’obésité ne se reconnaît pas comme tel : les hommes sous-estiment davantage leur situation
Nouvelle étude : la connaissance de l’obésité en tant que maladie chronique reste limitée

Un Belge sur trois en situation de surpoids ou d’obésité ne se rend pas compte que son poids est trop élevé. C’est ce qui ressort d’une enquête à grande échelle menée par Novo Nordisk auprès de plus de 1 200 Belges, portant sur les connaissances, les comportements et les attitudes liés au surpoids et à l’obésité. Fait marquant : chez les hommes en particulier, un écart important subsiste entre leur Indice de Masse Corporelle (IMC) et la perception qu’ils ont de leur propre poids. L’étude montre également que la majorité des Belges ont une connaissance limitée de l’obésité en tant que maladie chronique et que le contact avec le médecin généraliste reste majoritairement réactif. « Beaucoup de personnes ne considèrent leur poids comme un problème que lorsque celui-ci affecte leur qualité de vie au quotidien. Mais à ce stade, les risques pour la santé peuvent déjà être bien présents. C’est pourquoi une détection précoce par le médecin généraliste est essentielle », explique le Professeur Jean-Paul Thissen, endocrinologue aux Cliniques universitaires St-Luc.
Le surpoids et l’obésité constituent l’un des principaux défis de santé publique en Belgique. Selon les chiffres de l’institut de santé Sciensano[1], près de la moitié des adultes sont en surpoids et 18 % présentent une obésité, soit un IMC de 30 ou plus. L’obésité est reconnue comme une maladie chronique aux causes biologiques, psychologiques et sociales complexes[2], ce qui rend d’autant plus importante sa détection précoce et l’ouverture du dialogue avec le médecin généraliste.

Une nouvelle étude de Novo Nordisk montre qu’une part signifcative de la population belge ne reconnaît pas correctement son statut pondéral. Environ quatre personnes sur dix (41 %) en situation de surpoids ne se considèrent pas comme ayant un poids trop élevé. Chez les personnes atteintes d’obésité, cette proportion s’élève à une sur quatre (26 %). Au total, environ un Belge sur trois en situation de surpoids ou d’obésité (34 %) ne se reconnaît pas comme tel.

Différences selon le sexe et le niveau de revenu
L’écart entre l’IMC et la perception de soi est le plus marqué chez les hommes : près de la moitié (45 %) des hommes en surpoids ne considèrent pas avoir un excès de poids, contre 35 % des femmes en surpoids. En cas d’obésité, cela concerne un homme sur trois (33 %), contre une femme sur six (16 %).
Le niveau de revenu influence également la perception du poids. Parmi les personnes atteintes d’obésité et disposant d’une situation financière plus favorable, quatre sur dix (38 %) ne se reconnaissent pas comme telles. Cette proportion est de 21 % chez les personnes à revenu moyen et de 17 % chez les groupes financièrement plus vulnérables.
Jean-Paul Thissen, professeur d’endocrinologie et de nutrition aux Cliniques universitaires Saint-Luc: « Je ne suis malheureusement pas surpris qu’un Belge sur trois en situation de surpoids ou d’obésité ne se reconnaisse pas comme tel. Dans ma pratique, j’observe que les femmes consultent surtout quand elles sont préoccupées par leur image corporelle en rapport avec leur poids. Elles sont encore souvent victimes de stigmatisation. En effet, une femme en excès de poids est plus rapidement perçue comme « trop grosse », alors qu’un homme avec un excès de poids est parfois vu comme un « bon vivant ». Dès lors, les hommes ne consultent que tardivement, souvent orientés par un spécialiste comme un cardiologue, lorsque des problèmes de santé sont déjà présents. D’où l’importance d’une prise de conscience plus précoce, afin d’éviter l’apparition de problèmes de santé. »

4 Belges sur 10 ne savent pas que l’obésité est une maladie
Au-delà de cet écart de perception de soi, l’étude met également en lumière un manque de connaissances concernant le surpoids et l’obésité. Quatre Belges sur dix (40 %) ne savent pas que l’obésité est une maladie chronique : 19 % donnent une mauvaise réponse et 21 % déclarent ne pas le savoir. Sept Belges sur dix (71 %) estiment que prévenir et traiter l’obésité relève avant tout d’un changement de mode de vie : manger moins et bouger davantage. Cette perception est similaire chez les personnes atteintes d’obésité elles-mêmes, qui attribuent majoritairement leur poids à des comportements individuels et partagent les mêmes croyances que le grand public en matière de volonté et de responsabilité personnelle.

Jean-Paul Thissen, professeur d’endocrinologie et de nutrition aux Cliniques universitaires Saint-Luc: « L’obésité est une maladie chronique complexe et multifactorielle,… C’est aujourd’hui un consensus scientifique ! Elle ne résulte pas simplement de mauvais choix alimentaires ou de manque d’activité physique, mais aussi de nombreux autres facteurs comme le stress, la gestion inadéquate des émotions, le manque de sommeil, l’altération du microbiote, une génétique à risque ou encore du contexte socio-économique. Pourtant, une grande partie de la population pense encore qu’il suffit de manger moins et de bouger plus pour normaliser son poids. Pour traiter l’obésité à long terme, cette approche n’est pas suffisante. En effet, une fois installée, la maladie nécessite une prise en charge globale et de longue durée. Ce manque de compréhension de la « maladie obésité » retarde très souvent la demande d’aide et entretient une forme de culpabilité chez les patients. »
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Médecin généraliste : une consultation surtout réactive malgré une forte confiance
Un Belge sur trois recherche des informations sur la santé au moins une fois par mois. Des thèmes comme l’alimentation (40 %) et l’activité physique (35 %) sont fréquemment consultés, tandis que le poids (26 %) et l’obésité (8 %) le sont nettement moins. Docteur Google et les médecins traitants restent les principales sources d’information. Le médecin généraliste est toutefois perçu comme la source la plus fiable en matière de gestion du poids : 56 % des répondants le citent comme première référence. Le diététicien (17 %) et les sites web liés à la santé (5 %) complètent le top trois.
Malgré cette confiance, le contact avec le médecin généraliste reste majoritairement réactif. Deux Belges sur trois (67 %) ne consultent que lorsqu’ils sont réellement malades ou ont besoin d’une prescription. Ce comportement est similaire chez les personnes en surpoids (67 %) et celles atteintes d’obésité (64 %).
Les freins à la consultation sont principalement d’ordre comportemental: 66 % préfèrent attendre pour voir si le problème disparaît de lui-même, 40 % ne veulent pas déranger inutilement leur médecin, 30 % estiment pouvoir juger eux-mêmes de la gravité de leur état et 26 % doutent de la valeur ajoutée d’une consultation. Les obstacles pratiques (coût, accessibilité) jouent un rôle beaucoup plus limité (3 à 5 %).
Jean-Paul Thissen, professeur d’endocrinologie et de nutrition aux Cliniques universitaires Saint-Luc: « Les patients ont globalement une grande confiance en leur médecin généraliste, ce qui est une excellente chose. Le médecin généraliste a donc un rôle clé à jouer dans la détection précoce et la prise en charge du surpoids et de l’obésité. Pourtant, dans la pratique, je vois encore trop peu de patients souffrant d’excès de poids qui ont été pris en charge par leur médecin traitant. Je crois qu’il existe une forme de non-dit : les patients pensent savoir ce que le médecin va leur dire, et les médecins eux-mêmes ne se sentent pas toujours suffisamment armés pour aborder le sujet. Cela peut mener à une forme de résignation des deux côtés. Il est essentiel aujourd’hui d’encourager un dialogue ouvert, sans jugement culpabilisant, afin de combler cet écart et d’accompagner les patients plus tôt et plus efficacement.»

Note à la rédaction (non destinée à publication)
Dans les communications sur ce sujet, il est recommandé d’utiliser un langage non stigmatisant. Évitez les termes tels que « obèses », « gros » ou toute formulation impliquant culpabilité ou jugement (p. ex. « responsabilité personnelle » ou « manque de volonté »). Privilégiez un langage centré sur la personne, comme « personnes en situation de surpoids » ou « personnes atteintes d’obésité », et mettez l’accent sur la santé et le bien-être.
Cette enquête a été menée afin de mieux comprendre les connaissances, les attitudes et les comportements de la population belge en matière de surpoids et d’obésité. Les résultats visent à contribuer à une meilleure sensibilisation à l’importance de la détection précoce des risques pour la santé et à l’accompagnement en temps opportun par le médecin généraliste, avec un accent particulier sur la prévention et des soins durables.
Dans le cadre de cette étude, 1 293 personnes issues de la population belge ont été interrogées par l’institut de recherche Indiville. L’enquête en ligne a été réalisée via le panel Bpact entre le 22 janvier et le 10 février 2026. Les données ont été pondérées afin d’être représentatives de la population belge selon l’âge, le sexe, la région, le niveau d’éducation et l’activité professionnelle. La marge d’erreur maximale est de ±2,73 %.
Novo_Nordisk_Bevraging_FR.pdf
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À propos de Novo Nordisk
Novo Nordisk est une entreprise mondiale du secteur de la santé, forte de plus de 100 ans d’expérience dans la prise en charge de maladies chroniques graves telles que le diabète et l’obésité. Novo Nordisk s’engage en faveur de traitements innovants, de l’accompagnement des patients et d’initiatives de santé publique plus larges. Pour plus d’informations : www.novonordisk.be